

Les Trois Âges - Buster Keaton
Durée : 60 mn / USA / 1923
À destination des élèves de sixième, de CM2 ET CM1
Interprété par Isabelle BAGUR (flûte) & Jean-Paul RAFFIT (guitare électrique, effets, composition)
Durée de la séance , film et temps de médiation : 1h20
Les interprètes :
Depuis plus de quinze ans, Isabelle Bagur et Jean-Paul Raffit accompagnent en musique les chefs-d’œuvre du cinéma muet — de Renoir à Delluc, de Chaplin à Lang ou Murnau — ainsi que des films d’animation, notamment les Alice Comedies (volumes 1 et 2), dont l’Orchestre de Chambre d’Hôte a réalisé la bande originale, et plusieurs documentaires marquants de l’histoire du cinéma.
Inspirés par la fantaisie des situations et le lyrisme des sentiments, la musique du duo vous propose de traverser les âges avec cette pointe de surréalisme qui va comme un gant (en peau de mammouth) à Keaton!
Ciné Concert - Buster Keaton
L'idée du film est particulièrement originale : Keaton construit son récit autour de trois histoires d'amour situées à différentes époques de l'humanité. La première se déroule à l'âge de pierre, la deuxième dans la Rome antique, et la troisième dans l'Amérique contemporaine des années 1920.
Dans chacune des périodes, Buster Keaton interprète une version du même personnage : un amoureux maladroit mais déterminé qui tente de conquérir la femme qu'il aime face à un rival plus fort ou plus riche. Le montage alterne constamment entre les trois époques, créant des effets comiques fondés sur les similitudes entre les situations.
Le comique repose d’abord sur le corps. Face à un rival massif et dominateur, le personnage de Keaton incarne la fragilité, la nervosité, l’ingéniosité plutôt que la force brute. Le film est remarquable pour son sens du gag visuel, ses décors ambitieux et ses nombreuses prouesses physiques. On y retrouve déjà les qualités qui feront la renommée de Keaton : un humour basé sur le mouvement, la précision chorégraphique du geste comique. Le burlesque naît de cette tension entre maladresse apparente et intelligence inventive.
Les rivalités amoureuses prennent la forme de luttes physiques et de défis absurdes. Les anachronismes volontaires créent un décalage comique savoureux. Keaton joue sur l’idée que, depuis l’aube de l’humanité, les codes de la séduction et de la concurrence masculine étaient déjà en place. Le vernis de la civilisation disparaît, mais la mécanique amoureuse demeure.

Synopsis
Deux hommes sont amoureux de la même jeune
femme, Beauty. Leur rivalité se manifeste à trois époques différentes : la préhistoire, l’époque romaine et la prohibition. Après avoir été jaugés par les parents de la belle, les rivaux s’affrontent sans merci, utilisant, selon l’époque, massues, char ou ruse psychologique...
Pour la première fois, Hollywood autorisait Buster Keaton à produire et réaliser ses propres films en toute indépendance, après Charlie Chaplin et Harold Lloyd. Doté d’un culot monstre, Keaton choisit alors de parodier Intolérance, de Griffith, remplaçant la tragique évocation de la cupidité à travers les âges par une primesautière étude des effets de l’amour depuis la nuit des temps. Le montage parallèle aligne donc trois périodes qui fleurent volontairement le carton-pâte : l’âge de pierre, Rome au temps de sa splendeur et
l’Amérique des années 1920.
Comme rarement dans sa carrière, Keaton joue surtout sur le ridicule des costumes : chaussé de pantoufles en moumoute de mammouth dans la séquence préhistorique, ou coiffé d’un casque qui sert aussi de cadenas à son char dans la période romaine, il a toujours l’air ahuri d’une poule qui a trouvé un fer à friser. Sa trajectoire ébouriffée donne au film une belle nervosité qui le rend indémodable.
L'OCCE31, L'Orchestre de Chambre d'hôte et le cinéma Utopia de Tournefeuille, ont le plaisir de vous proposer un ciné concert le vendredi 27 novembre à 14 h au cinéma Utopia de Tournefeuille.








